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Juridique

19 800 € d'amende : ce qu'une agence immobilière de Belfort n'avait pas mis en place

Caroline Ludwig · 2026-04-23
19 800 € d'amende : ce qu'une agence immobilière de Belfort n'avait pas mis en place

Décision DGCCRF publiée sur economie.gouv.fr — Territoire de Belfort

19 800 €

L'amende infligée à une agence immobilière belfortaine.
Ce qu'elle révèle sur l'état du marché.

Caroline Ludwig — As de Caro Coaching  ·  Expertise Loi ALUR  ·  Formation certifiée Qualiopi

Une décision publiée sur economie.gouv.fr. Un nom. Un dirigeant. Un montant. Et derrière ce chiffre : une liste de manquements qui ne sont pas des accidents. Ce sont des erreurs structurelles.

Ce qui s'est passé

Les agents de la CCRF de la DDETSPP du Territoire de Belfort ont contrôlé les pratiques commerciales de la SA Lion Immobilier et de son dirigeant. Le verdict : 19 800 € d'amende administrative.

Manquements retenus par l'enquête

L'agence ne remettait pas aux clients les informations pré-contractuelles obligatoires : le barème tarifaire pratiqué, les prix honoraires inclus, les données de performance énergétique (DPE, émissions GES, dépenses théoriques annuelles), l'information sur le droit de s'inscrire sur la liste Bloctel, et l'identité et les coordonnées du médiateur de la consommation.

Ce que cette décision révèle

Ce cas n'est pas une anomalie. C'est un reflet.

Depuis plusieurs années, la DGCCRF maintient une pression de contrôle élevée sur les professionnels de l'immobilier. Et le profil de ces manquements est toujours le même : l'information pré-contractuelle du consommateur.

62%
C'est le taux d'anomalies constaté par la DGCCRF lors de ses enquêtes sectorielles sur les agences immobilières. Une agence contrôlée sur deux présente des manquements.

Pas des fraudes sophistiquées. Pas des montages complexes. Des obligations basiques, connues, encadrées par des textes publics — et pourtant systématiquement mal appliquées.

Parce que beaucoup d'agents et de dirigeants d'agences ont une connaissance floue de ces obligations. Ils savent qu'il faut "afficher les honoraires". Ils ignorent que cela ne se limite pas à une affiche en vitrine. Ils savent qu'il existe un DPE. Ils ignorent que ses données doivent figurer dans la communication pré-contractuelle sous une forme précise et exhaustive.

La méconnaissance ne protège pas. L'amende, elle, tombe quand même.

Les 5 points que chaque agence doit vérifier aujourd'hui

  • Le barème tarifaire Affiché lisiblement en vitrine, à l'intérieur de l'agence, et accessible en deux clics maximum sur le site internet. Les fourchettes de prix sont interdites. Les honoraires TTC doivent être fixés par prestation, avec indication de qui en supporte le paiement.
  • Le prix honoraires inclus dans les annonces Pour les ventes avec honoraires à la charge de l'acquéreur : le prix HAI doit apparaître en premier et en évidence, suivi du prix hors honoraires et du pourcentage d'honoraires TTC. L'inversion de cette logique est un manquement sanctionnable.
  • Les données DPE complètes Ce n'est pas juste l'étiquette énergie. Ce sont : la classe énergie, la classe GES, ET les dépenses théoriques annuelles en euros. Ces trois informations sont obligatoires dans toute communication commerciale sur un bien à vendre ou à louer.
  • Le droit Bloctel L'information sur le droit du consommateur à s'inscrire sur la liste d'opposition au démarchage téléphonique doit être délivrée. Ce point est rarement connu des agents. Il est pourtant sanctionnable.
  • Le médiateur de la consommation Chaque agence doit avoir désigné un médiateur. Son identité et ses coordonnées complètes doivent figurer sur les documents contractuels, le site internet, et être communiquées au client avant tout contrat. L'absence de cette information est un manquement autonome.

Ce que ça coûte réellement

L'amende de 19 800 € n'est pas le pire scénario. C'est le scénario réel, documenté, publié nominativement sur le site du ministère de l'Économie. Avec le nom de la société. Avec le nom du dirigeant.

Dans un marché où la réputation se construit en années et se perd en jours, c'est un dommage qui dépasse largement le montant de l'amende.

À cela s'ajoutent les risques connexes : procédures pénales parallèles, retrait de carte professionnelle, action en responsabilité civile des clients lésés.

Un contrôle DGCCRF n'est pas une fatalité. C'est une conséquence.

La vraie question

Ces obligations existent depuis des années. L'arrêté du 10 janvier 2017 a été précisé et renforcé par celui du 26 janvier 2022. Quatre ans après cette mise à jour, des agences sont encore sanctionnées pour des manquements à ses dispositions.

La formation continue n'est pas qu'une obligation légale au titre de la loi ALUR. C'est le seul mécanisme qui permet de transformer une réglementation abstraite en réflexes opérationnels concrets.

Un agent qui comprend pourquoi ces obligations existent est un agent qui les applique durablement. Pas parce qu'il craint le contrôle. Parce qu'il a intégré le sens de son métier.

La différence entre une agence sanctionnée et une agence exemplaire, ce n'est souvent pas une question de bonne volonté. C'est une question de formation.

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